L’histoire

Le Bénin est le siège de civilisations anciennes et brillantes, qui furent bâties autour de royaumes centrés sur des cités-États. La République du Bénin (ex Dahomey) est située sur le golfe de Guinée. Protectorat en 1884, puis colonie française du Dahomey, le Bénin a accédé à l’indépendance complète le 1er août 1960, sous la dénomination de République du Dahomey, avant de prendre en 1975 son nom actuel.

Selon la légende, les dynasties des royaumes du sud de la République du Bénin sont originaires de Tado, ville de l’actuel Togo et sont nées d’un couple mythique : la princesse Aligbonon de Tado et une panthère. Au XVIIe siècle, deux de leurs descendants, Ganyé Hessou et Dako Donou, jettent les bases d’un nouveau royaume : le Danhomè. Houégbadja (1645-1685) en établit les bases légales et les grands principes de fonctionnement : règles de succession, missions politiques des souverains, etc. A cette époque, le royaume se limitait au plateau d’Abomey.

Au XVIIIe siècle, le roi Agadja (1708-1740) étend les frontières du Danhomè jusqu’à la côte atlantique en conquérant les royaumes d’Allada et de Savi. Désormais, le Danhomè participe pleinement et directement au commerce négrier par le port de Ouidah, capitale de Savi. Il s’enrichit considérablement. Le royaume atteint son apogée au XIXe siècle sous le roi Guézo (1818-1858). Contraint par les mouvements anti-esclavagistes, Guézo développe l’agriculture et convertit l’économie du Danhomè qui exporte désormais moins ouvertement des esclaves et davantage de produits agricoles (maïs, noix de palme…). Son fils Badohoun qui prit le nom de Glèlè, est traditionnellement le onzième roi d’Abomey. Il succéda à son père, Ghézo, et régna entre 1858 et 1889. Glèlè poursuivit la politique d’expéditions militaires, en partie pour venger la mort de son père, et aussi dans le but de capturer des esclaves. Glèlè, par un traité signé, le 19 mai 1868, céda Cotonou aux Français. Il mourut le 29 décembre 1889 et fut remplacé par son fils Kondo qui prit le nom de Gbêhanzin. À la fin du XIXe siècle, malgré la farouche résistance du roi Gbêhanzin (1889-1894) à la pénétration européenne, le royaume perd son indépendance et se dissout dans la colonie française du Dahomey.

Les trois principaux royaumes (créés par les Fon) furent celui d’Allada, fondé au 16è siècle, celui d’Abomey en 1625, et celui de Porto-Novo, alors appelé Adjacè, puis Hogbonou au 17è siècle. Ces entités politiques bien structurées étaient pourvues de centres urbains fonctionnels. Elles avaient développé un commerce local, basé dès le XVIIème siècle, entre autres, sur la traite des esclaves, puis sur celle du palmier à huile après l’abolition du commerce négrier en 1807. Cette économie de traite a favorisé l’installation, le long de la côte (surnommée « côte des esclaves »), de comptoirs commerciaux contrôlés par les Anglais, les Danois, les Portugais et les Français.

Le sud et le centre du pays suivirent le destin des peuples du golfe de Guinée tandis que le nord, frontalier du Niger et du Burkina Faso, subissait celui des peuples de la savane. Selon la tradition orale, au début du XVIe siècle, les Adjas quittèrent la ville de Tado, située sur les rives du Mono, au Togo, pour s’établir à Savè et à Allada, dans le Sud. Au siècle suivant, une scission parmi les héritiers du royaume d’Allada aboutit à la formation du royaume d’Ajacè, au sud-est, et plus au nord, sous la direction de Houégbadja (1645-1689), du royaume de Dahomey, à partir d’Abomey, qui devint la capitale du royaume. Le Dahomey devint la puissance dominante de la région, grâce à la traite des Noirs, le royaume jouant un rôle d’intermédiaire avec les comptoirs européens de la côte. Vers 1775, les Portugais constituèrent, à partir du royaume d’Ajacè, le royaume négrier de Porto-Novo.

Dans la première moitié du XIXe siècle, le roi Guézo du Dahomey donna d’autres fondements à la richesse de son royaume, développant la culture du palmier à huile afin de répondre à la demande européenne et introduisant de nouvelles cultures (maïs, tomate, arachide, tabac…) dans le pays.

 

COLONISATION

En 1851, la France signa un traité commercial et d’amitié avec le chef de Porto-Novo, vassal du roi Glèlè du Dahomey. En 1861, les Britanniques prirent au Dahomey la ville de Lagos. Par les traités de 1868 et de 1878, la région de Cotonou, située entre Ouidah, comptoir français, et Porto-Novo, fut cédée à la France. En 1883, le roi de Porto-Novo, souhaitant se protéger des visées expansionnistes du roi de Dahomey, signa un traité de protectorat avec la France. Gbêhanzin, successeur de Glèlè, tenta de reconquérir la région occupée par les Français mais, en 1892, il fut mis en déroute. Le 30 mars 1894, Gbêhanzin fut déporté par les autorités coloniales sur l’île de la Martinique et les établissements français furent regroupés au sein de la colonie du Dahomey.

Dans le Nord, le royaume bariba, qui avait atteint son apogée au XVIIIe siècle, avant de se heurter à l’expansionnisme du royaume nigérian d’Ilorin, opposa une vive résistance à la colonisation française.

En 1899, le Dahomey fut intégré à l’Afrique-Occidentale française (AOF). Ses frontières furent fixées en accord avec la Grande-Bretagne, établie au Nigeria, et l’Allemagne, présente au Togo. Durant l’entre-deux guerres, le Dahomey, où la scolarisation, grâce aux missions religieuses, était importante, notamment dans le Sud, fut l’un des principaux foyers politiques et intellectuels de l’AOF. De nombreux partis politiques furent fondés dès cette époque tandis que se développait une presse d’opposition au système colonial. Rallié à la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, le Dahomey devint, en 1946, un territoire français d’outremer, puis, le 04 décembre 1958, un État autonome au sein de la Communauté française. Le pays accéda à l’indépendance le 1er août 1960 et entra, le mois suivant, aux Nations unies.

 

INDÉPENDANCE

Depuis l’indépendance, le Bénin a connu une histoire politique mouvementée. Les douze premières années furent marquées par une instabilité politique et économique. Un gouvernement de transition, mis en place en 1990, ouvrit la voie au retour de la démocratie et du multipartisme. Suite à l’élection présidentielle de mars 1991, Nicéphore SOGLO a remplacé Mathieu KÉRÉKOU à la présidence de la République. Ce dernier est élu à son tour en mars 1996 puis réélu en mars 2001. En mars 2006, le Dr YAYI Boni, ancien Directeur de la BOAD, a été élu Président du Bénin et réélu en 2011.

Suite aux élections présidentielles du 20 mars 2016, Monsieur Patrice Guillaume Athanase TALON a été élu Président de la République et dirige le pays depuis le 06 avril 2016.

 

La carte de la République du Bénin